Math and Physics Club – Lived Here Before

En 2005 , les Math and Physics Club apparaissaient  comme des cousins américains des Belle and Sebastian ou des Lucksmiths  , possedant cette même propension à écrire des chansons pop au coeur tendre . Trois albums et une compilation de EPs ( l’indispensable In this together paru en 2016 ) plus tard , et voici  la formation de Seattle de retour avec le dénommé Lived Here Before .  Pour  la production de ce nouvel opus , on notera le choix à priori surprenant de Chris Hanzsek  qui officie habituellement aux côtés de groupes grunge (Soundgarden , The melvins …) mais que les amateurs de pop légère ne s’alarment pas  , point de grunge et de grosses guitares ici.

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes souriantes

Lived here Before semble cependant marquer une évolution sensible dans la musique de Math and Physics Club . Ainsi les ambiances se veulent légèrement plus graves  et si  les compositions ont quelque peu  perdu de leur candeur des débuts ( les critiques musicaux avaient tendance à classer trop facilement le groupe dans la catégorie Twee Pop )  , ils ont gagné en profondeur et en  maturité , explorant également de nouveaux territoires musicaux : l’instrumental tribal sur  Falling for it , la musique de Western avec le percutant  Take a number , le poignant et mélancolique The Pull of the Tides ou encore le psychédélisme lunaire de Like Cinnamon.

Que les fans de la première heure se rassurent toutefois . La voix chaude de Charles Bert , les arpèges de guitare de James Werle (amis d’enfances et membres fondateurs du groupe) et le soucis des mélodies bien troussées restent la marque de fabrique de Math and Physics Club à l’instar de  Marblemouth , classique pop instantané,  de la douce et charmante Madeline ou encore de l’émouvant Drive to you qui clôt magnifiquement l’album.

Et avec des morceaux de la trempe de Threadbare  , Broadcasting Waves (qui ne sont pas sans évoquer des grands noms de la pop tels The Shins ou The Bats) ou All the Mains are down (et son refrain à la REM) , on gage et on espère que le Club attirera de nombreux  nouveaux membres .

 

Lived Here Before sort conjointement chez leur label historique Matinée Recordings pour la version CD et chez Fika Recordings pour la version vinyle :

http://matineerecordings.com/item.php?item_id=277

http://shop.fikarecordings.com/album/lived-here-before

 

 

 

 

 

 

 

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Pale Lights – The stars seemed brighter

Sortir un album à la mi-décembre n’est peut être pas l’idéal – trop tard pour figurer dans les top de fin d’année 2017 , trop tôt pour squatter ceux de 2018 ? – mais qu’importe après tout , la musique du quintet de Brooklyn est intemporelle.  Il faut dire que les Pale Lights nous ont eus par surprise , faisant paraître ce second album à peine un mois après l’excellent  Ep Jean , Bring the flowers (titre formidable que l’on retrouve sur l’album).

Puisant ses racines jangle pop dans les 60’s des Byrds ( ces guitares au son cristallin) , balayant le spectre pop à guitares « ligne claire « des années 80   (les groupes estampillés C86 en Grande-Bretagne , l’Australie des Go-Betweens … ) , les 10 morceaux qui composent cet album brillent par leurs mélodies scintillantes et par une orchestration sobre et toute en finesse (les guitares donc mais aussi un clavier discret mais omniprésent) . Le charme et l’élégance  de ces chansons tiennent aussi  au chant impeccable et familier  de Phil Sutton  à mi-chemin entre Lawrence Felt et Lloyd Cole . Loin d’être de pales lueurs , ces étoiles-là n’ont pas fini de briller et d’éclairer le ciel des amateurs de belle pop .

https://palelights.bandcamp.com/album/the-stars-seemed-brighter

https://www.discogs.com/Pale-Lights-The-Stars-Seemed-Brighter/release/11274246

 

Bilan # albums 2017 (5 -> 1)

 

5.  The Holiday Crowd – The Holiday Crowd

Une ode à la pop britannique des années 80 , des Smiths à Orange Juice en passant par Aztec Camera ou les Pale Fountains , voici ce que propose les Canadiens pour leur second album. Outre la forme qui séduira les nostalgiques , les  Holiday Crowd n’ont pas oublié d’écrire de vrais  chansons ( Bellamy , superbe ballade bossa ) et l’album contient son lot de mélodies réjouissantes et irrésistibles (Another nite , Cheer up , After the long dash pour ne citer qu’elles) . Alors certes , The Holiday Crowd regardent dans le rétroviseur et l’ensemble pourrait passer pour un exercice de style sentant le renfermé mais ça n’est pas le cas . Imran Haniff et ses complices insufflent fraîcheur et passion à leurs chansons ce qui les rend d’autant plus attachantes.

Titres favoris : Another nite / Cheer up / After the long dash / Bellamy

 

4 – 49 Swimming Pools – How the wild calls to me

Le 4ème album d’Emmanuel Tellier et de ses compères est sans doute le plus personnel et le plus attachant . Avec How wild calls to me , 49 SP nous emmène sur les traces Everett Ruess , jeune artiste et aventurier américain disparu mystérieusement dans le sud de L’Utah en 1934. Ce disque s’écoute donc du début à la fin comme on lirait un roman d’aventure (On pense évidemment à Jack London ou au jeune héros de Into the wild). Ce disque est une réussite en ce qu’il parvient  à nous immerger totalement dans le monde d’Everett  et à nous faire partager toutes les émotions des personnages de l’histoire ( Everett lui-même , ses parents , le frère Waldo )  alternant les morceaux  intimistes et émouvants  ou et les titres plus pop et superbement orchestrés tel le morceau-titre  (ah cette trompette !) , sans doute une des  plus belles chansons écrites par Emmanuel depuis le début de sa longue carrière . Outre le disque , et une adaptation théâtrale , How the wild calls to me fera également l’objet d’un documentaire prévu pour 2018. On n’a pas fini de répondre à l’appel la nature sauvage.

Titres favoris : How the wild calls to me / Have you seen our son ? / The letters , 1934 / It’s a long way home

 

 

3. Michael Head & The Red Elastic Band – Adios Senior Pussycat

Un album en forme de retour miraculeux pour l’immense Michael Head ! On avait déjà reçu quelques très belles  nouvelles encourageantes en 2013 (le ep Artorius revisited) et 2015 (le 2 titre Velvets in the dark/ Koala bears) et le revoici enfin sur long format . Inespéré . Les « pseudo meilleurs songwriters (d’Angleterre voire du monde) autoproclamés » peuvent aller se rhabiller (le père Noel , en tête ). Michael revient donc , débarrassé de ses addictions , la plume et le corps affûtés pour un album d’une grande beauté , apaisé , serein . La voix , intacte , sincère , la beauté des mélodies , la finesse des arrangements (cordes et cuivres du plus bel effet) sont au rendez-vous pour constituer une grande et belle oeuvre . Welcome back Senior Michael .

Titres favoris : Overjoyed / Winter turns to springs / Josephine / Rumer

 

2. Alvvays – Antisocialites

En 2014 , beaucoup tombaient sous le charme du premier album éponyme d’ Alvvays et de sa pop à guitare sucrée salée.  Avec Antisocialites , le charme n’est pas rompu loin s’en faut . Alvvays a gagné en maturité mais leur musique n’a rien perdu de sa candeur  , le son s’est étoffé , le propos est plus varié mais sans jamais se désunir.   Il faut dire que les Canadiens ont  le chic pour sortir des chansons qui m’obsèdent  , c’était le cas pour Archie marry me en 2014 , c’est le cas pour Dream Tonight cette année , la faute à une mélodie et un  refrain brise-coeur ( « If i saw you on the street, would i have you in my dreams tonight , tonight ? » …) et à la voix à la fois grave et ingénue de la jolie Molly.    Antisocialites recèle en outre  d’autres petites merveilles dans la même veine dream pop (Undertow , Not my baby , Saved by a waif , ) et séduisent tout autant  lorsqu’ils accélèrent le rythme  ( les  fougueux Plimsoul Punk , your type ou le sucré Lollipop (Ode to Jim)). Grand disque pop !

Titres favoris : Dreams tonight / In undertow / Not my baby / Forget about life

 

1. Brent Cash – The new high

THE NEW HIGH , le titre de l’album est loin d’être galvaudé tant ces chansons brillent haut dans le firmament pop : la production, le chant  et l’instrumentation sont juste parfaits  ,   et l’album recelle un trésor  de mélodies merveilleusement écrites et d’une classe folle.

Difficile de citer un titre en particulier tant chaque morceau constitue un ravissement pour l’oreille :  le lumineux OUT OF BLOOD  , le badin THE WRONG THING (qui nous invite à faire des claquettes sur un violon impromptu) , le parfait EVERY INFLECTION ,  le réjouissant DIM LIGHT et ses flutiaux , l’irresistible et délicat EDGE OF AUTUMN  et que dire de l’immense  THE WAY YOU WERE ( ma préférée peut-être , mon La La Land à moi ) … L’album se clôt par une très jolie ballade « Perfection comes near » , à mon humble avis , avec The New High ,  elle est largement  atteinte.

Titres favoris : Out for blood / Every inflection / The way you were / Edge of autumn et tant d’autres …