# Spearmint & Shirley Lee

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Dans le très joli film « 500 days of summer » (où l’on retrouve la délicieuse Zoé Deschanel) , le personnage principal joué par  Joseph Gordon-Levitt déclare  « It pains me we live in a world where nobody’s heard of Spearmint.» Cette réflexion je la partage entièrement et même si cet article ne changera pas le cours de l’histoire de la pop , il ne sera pas dit que rien n’aura été fait pour réparer cette injustice : Spearmint est un groupe formidable et son leader , Shirley Lee , un des songwriters les plus doués de sa génération !  

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L’aventure musicale des Londoniens débute en 1995 autour de Shirley Lee (chant, composition), Simon Calnan (claviers, choeurs) , Ronan Larvor (Batterie) et Martin Talbot (basse). Ce dernier sera rapidement remplacé par James Parsons qui s’occupera également de tout le graphisme des pochettes de Spearmint. Soucieux de garder son indépendance et une totale liberté artistique  , le  groupe monte son propre label Hitback Records et enregistre une série de singles qui seront compilés sur l’album Songs for color and Yellow . Une collection de pop songs honnêtes  mais déjà attachantes comme « At this moment », jolie  fausse ballade aux accents bossa .

Il faudra attendre 1997 pour commencer à entendre parler de ce jeune groupe ; avec une série de singles imparables à commencer par l’épatant Sweeping the nation ! Une chanson qui donne un grand coup de balai dans la pop anglaise nombriliste , un hit gorgé de Northern Soul qui apporte un vrai vent de fraîcheur au milieu de la énième vague Britpop . Le suivant , A Week away est tou aussi emballant . Hymne pop enthousiaste aux chœurs revigorants ! L’année suivante , c’est au tour de A trip into space de débarquer pour compléter ce tiercé gagnant ! Grande chanson éclatante et dansante qui ressuscite  la Northen Soul des Style Council avec classe .

L’annonce de leur véritable album en 1999 va évidemment susciter bien des espoirs mêlées de craintes .. On avait bien tort de s’en faire car A week away (l’album) est un sans faute ! 13 morceaux impeccables et presque autant de hits potentiels !  Comme le New Orderesque We’re going out, le romantique et lumineux A third of my life , l’instrumental délicieusement rétro pop Best ballroom ou encore le poignant Start again (Quelle merveille … »)!

La suite ne se fera pas attendre bien longtemps puisqu’en 2000 , Spearmint nous offre  , avec Oklahoma ! , un album de Noël ! Loin des groupes qui tésorisent sur leur succès , Shirley et sa bande ne calculent pas , libres de choisir de sortir leurs chansons quand ils le désirent  . Avec leur musique , un seul mot d’ordre , le plaisir sans considérations commerciales !  Comme avec  Oklahoma! , la chanson titre, qui débute par des choeurs magnifiques et au tempo irrésistible (fortement inspiré de Spanish Troll de Mink Deville) ! Ou encore les entraînants The Locomotion ,The good of the family Vivian et surtout Happy birthday Girl (« Son anniversaire est le jour de Noël et elle se plaint toujours d’avoir moitié moins de cadeaux que les autres .. ») On y retrouve également des morceaux plus intimistes , loin de la flamboyance du 1er album mais toujours très attachants malgré une production modeste.

Spearmint  possède en Shirley Lee un songwriter aussi talentueux que prolifique et fait paraître un nouvel album en 2001.  A different lifetime est composé de 15 titres ayant pour thème l’amour , la rupture , les regrets. Un album imaginé  comme une nouvelle ou un scénario de film. Des chansons bercées de nostalgie , des ballades romantiques et rêveuses bien loin de la pop qui a fait le succès de A week away . Commercialement , cela s’en ressentira mais le groupe ne semble éprouver aucun regret malgré le temps et l’argent dépensé : « In retrospect, I wished we had pressed fewer copies, but do not regret spending so much on making it – it suited the grand concept of the album – and after all we spent less on the whole project than a major label would on a single video ». Et Shirley  est aussi fier de cet album que de A week away. Outre les ballades évoquées préalablement on trouve de bonnes raisons d’être d’accord avec lui avec  le fulgurant single Julie Christie, Scottish Pop  très bel hommage à la pop écossaise des Pastels , Bmx Bandits et autres Edwin Collins , ou encore A different lifetime , morceau de bravoure de plus de 8 min accompagné par le cri des mouettes …

Suite au relatif échec commercial de l’album , les finances de leur label sont dans le rouge ; Spearmint enregistrera désormais à la maison plutôt qu’en studio. Le line-up s’étoffe avec l’arrivée d’un 5 ème membre , le  bassiste Andy Lewis qui prendra également en main une partie de la production. C’est en 2003 que paraît l’excellent  My missing days  , dans lequel Shirley  raconte l’histoire de quelqu’un dont la vie  est sur ​​le point de changer. Pour ce faire , il utilise le procédé narratif  du  récit en sens inverse ( à la manière des films comme « irréversible » et « Momento »). L’histoire commence à la fin avec « A Happy Ending» et se termine au début avec « The Start Of It All ». Musicalement , le résultat est brillant . Le groupe retrouve toute sa morgue comme sur les nerveux A happy ending et  Don’t get me started  , tout son éclat sur  le single Left among the leaving et ses accents Northern Soul. les guitares cristallines de The Book enchantent,  l’instrumental My missing days est un délice , sans parler du poignant I didn’t buy you flowers et  du merveilleux Giving it away avec sa basse ronde et son chant haut perché! Un album impeccable jusqu’à cette chanson cachée , irresistible  bossa et sa jolie mélodie accroche- coeur .

 

Depuis 1998 , les chansons placées en face B des singles de Spearmint étaient destinées à être réunies sur un album. Voilà qui est fait en 2004 avec  A leopard and other stories . Le tout aurait pu ressembler à un ensemble hétérogène , une sorte de The rest of , or c’est très loin d’être  le cas .

En 2005 , le groupe , qui décidément ne fait rien comme les autres , entreprend une tournée acoustique en Allemagne . Shirley écrit 9 nouvelles chansons destinées à être jouées uniquement à cette occasion . Elles seront compilées sur un album The boy and the girl that got away uniquement destiné aux fans ..

 

… et c’est en 2006 que sort le véritable nouvel album de Spearmint intitulé Paris in a bottle .   Pour écrire ce disque , Shirley s’est inspiré du  souvenir d’un voyage à Paris qu’il avait effectué plus jeune avec un ami nommé Graham. Nos deux jeunes compères jouent de la musique dans la rue pour gagner quelques pièces et rencontrent deux jolies françaises (Geneviève et Monique).Ils vont passer une nuit ensemble au cours de laquelle chacun raconte ses projets , ses rêves (écrire une comédie musicale , sortir avec une tueuse à gage , aller vivre à Londres et devenir riche et célèbre ).. au matin , ils se séparent et ne se reverront plus … L’histoire est racontée par deux personnages différents (Shirley dans First Time Musique ; Monique dans Paris in a bottle) de nombreuses années plus tard. Une histoire , deux points de vue ….

L’ensemble des titres s’écoute comme on lirait une nouvelle , sorte de comédie musicale pop romantique et nostalgique , avec en point d’orgue les singles My girlfriend is a Killer , Psychomagnet et  The competition , sans oublier les tubesques  Leave me alone et What’s wrong.

 

 

 

Paris in a bottle semble clore un chapitre de l’histoire du groupe. Shirley Lee va mettre à profit ce moment de pause pour sortir deux albums solo :

Intitulé tout simplement Shirley Lee , le premier sort en 2009 et sonne très Spearmint .Rien d’étonnant dans la mesure où les chansons ont été enregistrées avec les musiciens du groupe .Le suivant Winter Autumn Summer Spring paraît en 2011 et sonne plus personnel et intimiste.

 

Ce n’est qu’en 2014 , après une longue parenthèse de 8 ans , que Spearmint donne enfin des nouvelles discographiques avec l’album « News from Nowhere » ( titre inspiré d’un roman de william Morris de 1890). Le propos se veut plus « politique » et si l’ensemble se révèle moins séduisant que ses prédécesseurs ,  on ne boude pas son plaisir de retrouver le groupe et de pouvoir écouter des titres comme My anger , Punctuation ou Tony Wright.

La suite ? Et bien aux dernières nouvelles , le groupe serait actuellement en studio pour enregistrer un nouvel album. On attend donc avec impatience d’autres nouvelles parfumées à la menthe verte !

 

✅ Pour les mélomanes anglophones , vous pouvez trouver le journal de bord du groupe tenu par Shirley Lee ici  http://www.spearmint.net/story.html

✅ 19 chansons de Spearmint et Shirley Lee ont été mises en images et réunies sur un très beau Comic book intitulé : This is a souvenir : the songs of Spearmint and Shirley lee paru en 2009.

 

 

 

 

 

 

 

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Indie love Band : The Frank and Walters

The Frank and Walters est un groupe  à part . Le titre d’une de leur chanson a donné son nom à ce blog . C’est aussi le premier groupe que j’ai chroniqué . Ce n’est pas un hasard . Vous l’aurez compris j’aime vraiment ces gars-là et leur musique . The Frank and Walters est donc un groupe à part.Une des rares formations dont je peux réécouter régulièrement toute la discographie sans peine et toujours avec autant de plaisir . Avec le même sourire béat aux lèvres  . C’est aussi un des groupes les plus attachants (personnalités et chansons confondues) que je connaisse .

Tout a commencé en 1991.  Un trio de doux dingues Irlandais originaire de Cork se fait connaître avec des chansons pop sautillantes aux mélodies entraînantes et aux paroles loufoques. Les frères Paul (chant et basse) et Niall (guitare) Linehan et le troisième larron Ashley Keating (batterie) balancent des mélodies simples et naïves de prime abord mais irrésistibles ! Le tout est réuni sur un mini-album qui contient 8 réjouissantes pépites ….

La parution du 1er album en 1992 suscite beaucoup d’espoirs qui ne seront pas déçus , loin s’en faut . Trains , boats and planes ravit les amateurs de pop songs insousciantes  , bondissantes et mélodiques à souhait ,  à reprendre en chœur . Les critiques ne s’y trompent pas et sont dithyrambiques et le groupe connait un certain succès dans les charts britanniques avec  les  désormais « classiques » After All ou This is not a song .

On dit souvent que les artistes donnent tout dans leur premier album et que le second déçoit . Ce ne fut pas le cas avec Grand Parade , superbe suite à Trains, boats and planes mais qui se fit attendre. Il aura fallu patienter 5 longues années pour avoir le bonheur d’écouter les merveilleux Colours ou Indian Ocean . Les chansons ont pris de la maturité mais la fraîcheur et la qualité des compositions sont toujours bien présentes . On danse toujours la gigue à l’écoute de Saturday night  ou des titres précités , on est aussi touchés par la grâce des magnifiques How can i exist ? ou Lanslide.

L’attente fut mois longue pour la parution du troisième volet des aventures « Frank and Waltersiennes  » . En 1999 , sort le bien nommé Beauty becomes more than life. On y retrouve intact le même amour des mélodies joliment troussées mais teintées d’une certaine mélencolie. Le grain de folie des débuts s’est estompé ,  et quelques notes de synthés font irruption de-ci de-là. On reste cependant sous le charme de ces jolies chansons.

 

L’année suivante , les Frank and Walters prennent  un surprenant virage musical  (qui s’avérera n’être qu’une parenthèse) avec Glass . Le groupe s’essaie en effet à l’électronique et le résultat a sans doute déconcerté plus d’un fan de la première heure . L’album passera relativement inaperçu , faute de tubes malgré les très estimables Underground , New York ,Talking about you ou le magnifique Paradise.

En 2002 paraît un Best Of regroupant les singles du groupe . En 2005 , le frangin guitariste Niall Linehan quitte la formation . En 2006 , c’est au tour d’une seconde compilation de singles enrichie d’inédits (Souvenirs) de sortir. Autant de signes qui n’augurent rien de bon quant à l’avenir des Frank and Walters…

…et pourtant en 2006 , surprise , on apprend qu’un 5ème album doit sortir  …. en Irlande . A renewed interest in happiness (c’est son titre et il le porte  bien ) ne sera distribué en France qu’en 2008 ! L’attente fut longue mais heureusement récompensée. On y retrouve tout ce qui faisait le charme de leurs débuts : des morceaux enjoués , des mélodies entêtantes , une simplicité et une sincérité qui n’appartiennent qu’à eux.

On le sait désormais , nos doux dingues irlandais aiment vivre à leur rythme et prendre leur temps . Quelques nouvelles glanées ça et là , des concerts offerts à des amis dans des petites salles ou dans le pub du coin … Puis  enfin , à l’automne  2010, paraît le single The clock suivi de Song for a futur love (joli single de Noel ) le tout précédant l’album Greenwich mean time qui n’arrivera qu’en 2012. On y retrouve Paul  et sa bande au meilleur de leur forme comme sur Indie Love Song sorti le jour de la Saint-Valentin. Des chansons à la fraîcheur intacte , un brin nostalgiques , évoquant l’amour , l’amitié et le temps qui passe . Temps qui ne semble pas avoir d’emprise sur leurs chansons.

Il y a quelques mois nos Irlandais préférés offraient Look at us now , chanson colorée qui , je l’espère , annonce l’arrivée prochaine d’un 7ème album.

Les bonheurs simples sont souvent les plus essentiels et  c’est là que réside la force de ces chansons : des petits bouts de mélodies entraînantes , de chouettes  refrains à partager et à reprendre à tue tête , des petits moments   précieux qui font du bien . C’est ce qui fait pour moi des Frank and Walters un goupe vraiment à part et essentiel.

 

#Band à part : Emmanuel Tellier , the Pop minister

Résultat de recherche d'images pour                        Emmanuel Tellier est un cas à part dans le paysage pop français , menant une double carrière de Journaliste musical d’abord aux Inrocks , Nova Mag puis Telerama (où il exerce désormais en tant que grand reporter) et  de musicien , auteur- compositeur- chanteur au sein de divers groupes . Outre cette double casquette , c’est avant tout à un vrai passionné que l’on a affaire  (on lui doit récemment le retour du merveilleux Peter Walsh et de ses Apartments ).

Fervent lecteur des Inrockuptibles de l’époque (ô temps bénis où la revue bimensuelle était alors un vrai magazine musical avec de chouettes photos en noir et blanc de Renaud Monfourny…) , c’est à la fin des années 80 que j’ai découvert et apprécié les chroniques d’Emmanuel plus passionné de musique que critique. Je pouvais me fier aveuglement au bon goût du bonhomme quant au choix des groupes sur lesquels j’allais jeter mon dévolu …..

En 1991, après diverses expériences de groupes de jeunesse ( Another Country , A Scottish Mosquito , The Pop Minister ) , parait le 1er album de Chelsea (Réservé aux clients de l’établissement). Ce 1er essai très attachant écrit en français (un peu) et en anglais (beaucoup) est un hommage à la pop sensible  des années 80 ( The Smiths évidemment , les James , les Go-Betweens …). Dans un monde parfait , le single « L’ange que  j’étais » aurait dû être un tube absolu …

L’Ange que j’étais (Réservé aux clients de l’établissement – 1991)

1 an plus tard , Chelsea enchaînait avec Tramway , second album produit par Pat Fish (The Jazz Butcher)  , dont la grande majorité des titres sont écrits en français .  Toujours terriblement attachant comme sur Le mauvais perdant ou Jonathan qui nous fait voyager sur les ailes du goéland de Richard Bach…

Le mauvais perdant (Tramway – 1992)

Jonhatan ( Tramway – 1992)

1994 marque la sortie de Nouvelles du paradis qui clôt cette belle trilogie . Produit entre autres par Stephen Street (The Smiths , Blur ..) et Andy Chase ( Fountains of Wayne) , Emmanuel et sa bande atteignent la quintessence de la pop « ligne claire » comme sur l’inusable Sweet Sixteen ou le merveilleux De Luxe

Sweet Sixteen ( Nouvelles du paradis- 1994)

De Luxe ( Nouvelles du paradis – 1994)


Changement de cap en 1995 : Chelsea se mue en Melville .. Plus rock , plus electrique , ce nouveau projet produit par Phil Vinall (The Auteurs) rencontrera un certain succès faisant notamment la 1ère partie de Blur au Zénith .

Les résolutions (Est-ce que l’amour restera ? – 1995)


Lâché par sa maison de disque (V2, fondée par Richard Branson) , il faudra attendre 2005 pour avoir des nouvelles musicales d’Emmanuel Tellier sous le nom de  La Guardia .   Avec « Qinacridone rose » , la palette s’élargit . Le son très étoffé est plus proche de l’Amérique   des Flaming Lips que de l’Angleterre de Morrissey..

The sound of music (Quinacridone rose – 2005)


Une nouvelle pause discographique s’ensuit jusqu’en 2009. Toujours accompagné des fidèles Fabien Tessier et Etienne Dutin, Emmanuel revient avec 49 Swimming Pools . Dernier projet en date qui donnera naissance à 3 superbes albums de pop acoustique , orchestrale, faisant toujours la part belle aux mélodies lumineuses et soyeuses , teintées d’une certaine nostalgie.  Quelques morceaux choisis , en attendant la suite et d’autres nouvelles du paradis …

The goodbye song (Triumphs And Disasters, Rewards And Fairytales – 2009)

You’re too sentimental (The Violent Life And Death Of Tim Lester Zimbo – 2011)

A notebook at random (The Violent Life And Death Of Tim Lester Zimbo – 2011)

Summer is coming ((The Violent Life And Death Of Tim Lester Zimbo – 2011)

The bright light (Songs of popular appeal – 2014)

Mary queen of Scots (Songs of popular appeal – 2014)

The driver (Songs of popular appeal – 2014)

Now my heart is full (Vauxhall and us, a french tribute to Morrissey – 2014)

… magnifique reprise d’une des plus belles chansons de Morrissey…